Il était dit que le groupe brestois, toujours sans succès en Ligue 1, se rapprochait, avant ce match face aux Merlus, de la fin de la mauvaise série. Logique pure, mathématique de collège, toujours est-il que cette victoire tant attendue, il fallait allait la chercher. Quoi de plus beau dans cet optique que le théâtre d’un derby, au centre d’une rivalité Brest/Lorient qui s’est épaissie depuis l’accession des Finistériens en Ligue 1 ? Depuis trois mois et le coup d’envoi du championnat, les joueurs d’Alex Dupont n’étaient jamais vraiment passés à côté d’un match. Ils avaient même souvent frôlé les trois points lors de matches qualifiés de frustrants ou injustes.
Dans un nouveau système, le 4-3-3, la prestation de la semaine passée à Bordeaux avait laissé pas mal d’espérances au coach Dupont qui voyait en elle une façon de développer son animation offensive. Reconduit à l’identique pour la réception de Lorient, le groupe brestois avait pourtant bien mal débuté son derby en perdant dans la journée Jhon Culma, victime d’une trachéite. L’occasion de voir le retour aux affaires d’Oscar Ewolo face à son ancien club…
Bien entrés dans le match, les Finistériens allaient redonner un peu de possession aux Lorientais. Sur une reprise aux six mètres, l’attaquant morbihannais Campbell trouvait Steeve Elana sur sa route (28e). Sans doute le tournant du match. Car quelques minutes seulement après ce coup de chaud sur le but du gardien brestois, Bruno Grougi concluait d’une magnifique façon un une-deux avec Mario Licka (35e). Lorient avait la tête dans le seau. Suffisamment pour commettre une grosse faute sur Nolan Roux qui filait au but. Penalty sifflé par Monsieur Moreira et transformé par Bruno Grougi (42e).
En ce sens, le but d’Ecuele-Manga à la 54e minute arrivait à point pour perturber la belle mécanique des locaux. À ce moment-là de la rencontre, les Brestois étaient un peu assis entre deux chaises et devaient vite décider sur quel pied danser pour éviter de paniquer. Costauds derrière, et malgré quelques banderilles lorientaises, les hommes du président Guyot fléchissaient mais ne rompaient pas, se procurant même quelques belles opportunités d’aggraver la marque.
Le final, mieux maîtrisé, achevait de combler un stade qui en aura eu pour son argent et n’aura pas hésité à fêter ses héros – eux aussi enfin récompensés – quelques longues minutes après le baisser de rideau…