À dix et contre tout

Les déplacements se suivent et se ressemblent pour le Stade Brestois 29 qui, malgré une rencontre valeureuse, n'a pas réussi à inscrire un but à l'extérieur. Après des matches nuls à Valenciennes et Nice, c'est donc une deuxième défaite d'affilée hors de leurs bases qu'ont enregistrée les joueurs d'Alex Dupont à Dijon (après celle de Paris le 11 septembre). A la recherche de son premier succès cette saison, Brest va maintenant jeter toutes ses forces dans la réception d'Ajaccio dimanche.


Mardi midi, à l'heure d'annoncer son groupe, Alex Dupont n'avait pas pu ménager le suspense très longtemps tant ses rangs étaient décimés par les blessures et les suspensions. Avec neuf joueurs sur le flanc (Daf, Kantari, Brou Apanga, Ferradj, Martial, Touré, Grougi, Hartock, Ayité) et deux suspendus (Roux et Makonda), le coach finistérien avait dû faire appel au jeune Adama Ba pour aligner dix-huit éléments. Malgré tout, les ambitions avant de décoller pour la Bourgogne étaient intactes et l'envie de décrocher un premier succès en 2011-2012 bien présente.


Face à une formation dijonnaise qui restait sur un lourd revers à Valenciennes (4-0), il ne fallait pas s'attendre à une réception courtoise et dilettante des ouailles de Patrice Carteron. Le couteau entre les dents, le DFCO, promu en Ligue 1, sait depuis début août que la saison sera longue et qu'une récolte de points précoce n'est jamais mauvaise en vue d'un hiver qui peut s'avérer rude.

Mieux entrés dans le match, les Dijonnais posaient de gros soucis à une arrière-garde brestoise à nouveau chamboulée par les événements (Baysse, Zebina, Gentiletti, Coulibaly). Sur les multiples coups de pied arrêtés accordés aux locaux, le danger se faisait sentir sur la cage de Steeve Elana mais il n'y avait alors point de dégâts. Le roseau brestois avait beau plier, il ne rompait pas et les Rouge et Blanc avaient même l'occasion de placer quelques contres face à une défense bourguignonne pas forcément des plus sereines. Oui, mais voilà, un coup du sort allait condamner (presque définitivement) les desseins brestois mercredi soir.

Sur une action plutôt anodine, l'attaquant Grégory Thil s'engageait pour effectuer une tête plongeante dans la surface visiteuse et était, selon l'arbitre Monsieur Desiage, déséquilibré par Santiago Gentiletti. La sanction était immédiate, extrêmement litigieuse et lourde de conséquence puisque c'est le point de penalty qui était désigné par l'homme en jaune. Pis, les Brestois prenaient en pleine face la fameuse double peine avec l'expulsion de leur défenseur argentin.


Le penalty transformé par Mandanne (32e), il allait falloir un gros moral et d'énormes ressources aux Bretons pour se sortir de ce piège avec un petit quelque chose. Et puisque l'état d'esprit est un label au Stade Brestois cette saison, la réaction ne se faisait pas attendre et Benoît Lesoimier était tout proche d'égaliser sur un duel et une petite balle piquée devant le gardien dijonnais (37e).


Revenus des vestiaires avec autant d'envie et peut-être toujours ce petit sentiment d'injustice, les dix Brestois se jetaient dans la bataille et amélioraient leur tenue de balle. Inquiétés seulement sur deux ou trois percées du DFCO, ils allaient mener la vie dure à leurs hôtes jusqu'au bout. Mais quand ça ne veut pas sourire, il n'y a souvent pas grand chose à faire. À part peut-être se dire que la chance finira bien par tourner un de ces quatre en faveurs des Ty-Zefs.


Avec cinq points en sept matches et toujours sans la moindre victoire, les temps sont durs pour le Stade Brestois mais les choses entrevues jusqu'à maintenant doivent plutôt conforter que l'inverse. La place de relégable ce mercredi soir est finalement anecdotique pour un groupe qui s'est fixé un objectif sur la longueur de la saison : le maintien. Devant leur fidèle public de Le Blé, dimanche, les hommes du président Guyot auront à cœur de forcer le destin face à un autre promu, Ajaccio. Pour éviter de lire trop facilement dans les journaux : « L'affaire se corse ».

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